La première dinde est avalée, la seconde se prépare à être dégustée…
Et pendant cet entre deux fêtes, me voilà arrivé au terme de mon challenge.
J’en retire plusieurs enseignements et en tire les conclusions qui s’imposent.
Premier enseignement : un challenge sur 100 sit n go est beaucoup trop faible. En effet, je
m’étais assez vite rendu compte que faire un challenge demandait beaucoup plus de parties pour que la variance ne joue pas trop.
Au moins dix fois plus, à mon avis…
Le moindre Sit n Go gagné faisant bondir de 9€ mon gain, sur les 1100 investis, c’était 0,8% qui se jouait à chaque partie gagnée, mais surtout la moindre partie
perdu (11€ perdus) faisait un trou de 1%.
Cela paraît logique, mais sur 100 parties, le point d’équilibre se trouve à 55 parties.
Par conséquent, la moindre perte parmi ces 55 parties à gagner influe terriblement ; il suffit de 5 parties perdues sur ces 55 pour que l’on tombe à 50 parties
gagnées sur 100, soit une perte de 100 euro
A l’inverse, il suffit de 5 parties gagnées en plus (coup de chance, bad beat infligé à un adversaire etc…) pour que le gain se trouve propulsé à 1200 euro.
Ainsi, 10 parties gagnées ou perdues grâce / à cause de la chance, la fatigue etc … (bref, la variance), influent le résultat de 200 euro, soit 18% du
résultat
Première conclusion : lors d’un prochain challenge, il faut se donner plus de parties à
jouer, ou plus de temps … et en fait, je pense qu’il ne faut pas se donner de dead line. Jupiter qui lui même il y a deux ans pile se préparait à un challenge autrement plus compliqué
(http://jupiter.ecolefrancaisedepoker.fr/web/nav/article.php?id=3&rub=31&rub2=34) écrit qu’il regrette de s’être donné une date
limite.
D’un autre côté, quand s’arrêter ?
Allez ! on ne va pas créer le joueur de poker à date limite de consommation…
Second enseignement : ou plutôt ou remarque : les résultats ont été vraiment exécrables
en début de challenge.
Je n’imaginais pas à quel point ça pouvait être si difficile ! Finalement, il ne s’agissait que de finir dans les 5 premiers d’un sit n go : Facile
pensais-je !
Et pourtant, j’ai mis beaucoup de temps à remonter la pente vertigineuse dans laquelle j’avais glissé en début de challenge.
Ce temps était nécessaire pour intégrer la stratégie de base du SNG DoN. Cette stratégie de base étant celle de jouer un jeu hyper hyper hyper serré quasiment
jusqu’à la phase de push or fold, et surtout d’intégrer le calcul ICM pour arriver à lâcher As Valet, As Roi, la paire de Dames et … même la paire d’As préflop !!!
Heureusement, j’ai pu lire dans le livre Poker Sit n Go un chapitre clair sur l’ICM qui m’a permis de l’intégrer un peu mieux dans mes parties… mais il m’aura fallu
un peu de temps malheureusement…
Seconde conclusion : lorsqu’on débute un challenge, mieux vaut s’être penché sur la question
au préalable, à moins que justement le challenge soit la découverte de la discipline, bien sûr : je me réserve d’ailleurs un petit challenge heads up pour un de ces jours, alors que je n’en
ai jamais fait ! mais une chose est sûre : je me serai sérieusement documenté sur le sujet avant de commencer
Troisième enseignement : En SnG DoN, deux types de tables se retrouvent fréquemment :
d’une part et la plupart du temps en ce qui me concerne, une table de 10 joueurs dont la plupart n’ont pas intégré la nécessité de jouer tightissime ou l’ICM. Sur ces tables, il
« suffit » de jouer hyper tight pour assurer une bonne place et finir payé, à moins bien sûr d’un mauvais coup …
Mais parfois, je me suis trouvé face à une table ultra tight, et dans ce cas, la stratégie ultra tight trouvait ses limites. Aux blinds 100/200, nous nous
retrouvions à 10 encore … et finalement la chance prenait le dessus lors des push / fold
Troisième conclusion : il est nécessaire de s’adapter à la table. L’ajustement n’est pas très
compliqué à faire : c’est stratétgie de base la plupart du temps, sauf contre des adversaires utilisant cette stratégie, face à qui, il faut se transformer en LAG et redevenir TAG dès qu’ils
s’en rendent compte …
Ca a l’air évident comme ça, bien évidemment, mais j’ai mis pas loin de 60 SnG pour tenter de sortir du carcan du joueur ultra serré… J’ai analysé qu’il y a eu
environ 20% de tables composés exclusivement ou presque de joueurs très serrés. Si j’avais osé plus tôt dans le challenge, j’aurais pu éviter quelques pertes.
Quatrième enseignement : Je suis un mauvais élève et je me déconcentre vite. J’ai perdu une
douzaine de parties à cause de moi : parce que j’ai joué en faisant autre chose, en étant en petite forme, en n’étant pas concentré … bref, j’ai joué pour m’amuser au lieu de jouer pour
gagner !
Si j’avais ne serait-ce que refusé de jouer dans ces conditions, je n’aurais sans doute pas perdu ces 12 parties. Admettons que j’ai gagné 6 sur ces 12 (soit moins
que l’objectif et un résultat qui ne compense même pas le rake), cela m’aurait fait 120 euro de plus à mon bilan.
Quatrième conclusion : se forcer à une discipline de fer : préférer refuser de jouer que
jouer en faisant autre chose.
Voilà mon bilan empirique, qui implique par conséquent un constat et une décision:
Constat :
J’ai d’énormes progrès à faire, non seulement en technique mais aussi en discipline. En m’améliorant, je pense que j’aurais pu améliorer mon R.O.I …
A propos de bilan, mon bilan financier est loin d’être bon, mais je sauve la face :
100 parties jouées
1100 euro investis
56 parties gagnées et 44 parties perdues (56% de résultat positif donc)
1120 euro gagnés
R.O.I : 1,8% seulement
Décision :
Au lieu d’être un touche à tout en me consacrant au Cash Game, au MTT etc … je vais à présent me concentrer sur les SNG DoN afin d’améliorer mon résultat.
Je poursuis donc mon challenge qui devient donc un double challenge :
D’une part, la poursuite du challenge qui vient de s’achever, donc je commencerai sous peu mon 101è SnG DoN, en conservant les résultats acquis
D’autre part un nouveau challenge de 100 SnG dont le but est d’améliorer mon résultat du challenge 1ere partie.
En résumé, je poursuis mon challenge jusqu’à plus soif, tout en faisant un point très précis au 200ème
Sit n Go !
Cela fait partie de mes résolutions pokériennes de 2010.
Je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d’année !
Que le Good Beat vous accompagne !
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